Arrêtez d’envoyer vos meilleurs éléments en formation à la gestion du stress.
A la dernière réunion de service, on fait le tour de table des cas sensibles et on évoque Julien. C’est un bon élément, Julien, mais tout semble faire penser qu’il est en train de craquer.
Des erreurs, des oublis, un peu d’anti jeu, c’est clair, il y a un truc qui ne va pas.
Le verdict tombe comme un couperet: Julien ne sait plus gérer la pression, il est devenu fragile.
(En plus, Sarah sait de source sure, que ce n’est pas la joie à la maison.)
La solution s’impose alors d’elle même, tant elle est évidente. On va lui proposer une formation à la gestion de son stress.
Une belle journée de cohésion, de la cohérence cardiaque en pagaille et des post it de couleur et notre bonhomme reviendra tout réparé.
Sauf qu’avant de réserver la salle, jetons donc un oeil à ce préventomètre.
N’y a t il pas 2-3 détails qui devraient nous chiffonner un peu?
« La charge augmente sans moyens
Les consignes se contredisent
On ne me dit jamais quand c’est bien. »
Sont ils des symptômes de sa fragilité?
Alors, on peut toujours former Julien à encaisser plus et lui promettre des actions de prévention déguisées en cadeau empoisonné. Mais après, ne nous étonnons pas que la zone de vigilance vire au carmin et que Julien soit au bord de l’apoplexie.
La prévention ne sert pas uniquement à muscler les gens à survivre dans leur organisation, elle prend tout son sens quand elle s’interroge sur les facteurs de stress et surtout quand elle agit dessus.
Chez Labor&Sens, on a une théorie: au travail, ce ne sont pas les personnes qui sont fragiles, mais souvent, elles sont fragilisées par leur travail.
Alors, à vous, les Julien, qu’on envoie à des formations sur la résilience, sachez dire STOP, car vous ne pourrez pas tenir, tout, tout seuls.
Et à vous qui les inscrivez, prenez soin d’eux, oui, mais aussi de leur environnement de travail.