En 1995, le groupe DuPont crée un modèle de référence pour évaluer et améliorer la culture de la santé et de la sécurité au travail. Y est formalisé ce que le groupe industriel observe sur ses sites industriels : plus la culture de la prévention d’une organisation mûrit, plus les accidents baissent.
Trente ans plus tard, le modèle court toujours alors qu’il a de véritables angles morts.
D’abord, il mesure les accidents, donc arrive après coup. Puis, il nourrit la sécurité comportementale, faisant peser la responsabilité sur l’attitude du salarié, plutôt qu’encore une fois, sur l’organisation du travail.
Transposé à la santé mentale au travail, petite sœur pauvre de la culture de la sécurité, on pourrait bien être piégé par le même biais. Grâce à des dispositifs individuels, on pense faire le taf. Une ligne d’écoute, un atelier méditation, un webinar sur le stress, et roule, ma poule.
En gros, les gars, les filles, vous avez vos casques, faites en bon usage.
On demande ainsi aux personnes de s’adapter au travail, qui lui, ne bouge pas d’un millimètre. Et celui qui craque devient celui qui n’a pas géré. LOL, version entreprise: qui craque, sort.
J’ai donc revisité cette fameuse courbe en décrivant chaque stade sur ce que fait l’organisation, et non pas, par ce que fait le salarié. Ca donne des repères pour situer votre organisation.
En remettant au cœur de la cible: le travail.