J’ai échangé avec des étudiants brillants et rigoureux, sur les sujets de santé mentale au travail, de prévention des risques psychosociaux et des facteurs de Gollac.
Ces thématiques sont intégrées dans un cycle appelé management intégral, une conviction pédagogique rare et courageuse, dont la mission est de former des ingénieurs complets : pas seulement des techniciens d’excellence, mais des professionnels capables de comprendre ce qui se joue dans les relations humaines au travail.
Madame, comment écouter de façon empathique ?
Comment témoigner de la reconnaissance sans que ça sonne faux ?
Est-ce qu’on ne peut vraiment plus draguer au travail ?
Il y a plein de trucs qu’on ne doit plus faire, ni dire…mais alors on fait comment ?
Leurs questions, ancrées dans des problématiques bien actuelles, disent quelque chose d’essentiel : ces jeunes veulent comprendre. Ils arrivent dans l’entreprise avec une vraie volonté de bien faire relationnellement, pas seulement techniquement.
Mais il leur manque souvent des repères. Pas parce qu’ils sont indifférents, mais parce que personne ne leur a encore appris à nommer ce qu’ils ressentent, à lire ce que l’autre traverse, à réguler une tension, à poser une limite ou à en respecter une.
Les compétences psychosociales, écoute active, régulation émotionnelle, communication assertive, empathie, gestion des conflits sont le socle sur lequel repose toute relation professionnelle saine.
Ces étudiants l’ont bien compris, eux, qui seront demain managers, chefs de projet, décideurs.
Leur attention était totale, notamment sur les violences sexistes et sexuelles, risque psychosocial majeur en entreprise.
Ma plus grande fierté aura été de lever des tabous, déconstruire des certitudes, baliser des zones grises, particulièrement dans un univers encore très majoritairement masculin.
Ce n’est pas un sujet inconfortable à aborder avec des étudiants. C’est un sujet qu’ils attendent qu’on aborde enfin, pour leur vie professionnelle à venir, mais aussi pour leurs comportements d’aujourd’hui.
Les entreprises héritent encore trop souvent de collaborateurs dotés d’une solide expertise technique, mais qui n’ont jamais appris les fondamentaux relationnels. Intégrer les compétences psychosociales dans les cursus de formation initiale est un vrai choix pédagogique.
Un investissement de santé publique pour maintenant, de performance durable pour plus tard.
L’éducation est la première marche de la prévention, elle commence bien avant l’entreprise.
Les applaudissements de cette fin de parcours, au-delà de ce qu’ils ont flatté en moi, ont surtout révélé l’intensité du besoin de ces jeunes professionnels.
Les mêmes qui incarneront, sans aucun doute, le changement dans les entreprises.