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Dans ma vie, il y a des cactus.

Aïe, aïe, ouille. Dans la vie, il y a des cactus, et spoiler alert, au boulot aussi.

L’image résume un vieux débat sur la prévention qu’il est important selon moi, de bien saisir, surtout quand il s’agit d’adresser les risques psychosociaux en entreprise.

On y voit un homme qui enlace un cactus.
J’aime penser qu’il s’agit de son travail et que notre bonhomme aime ce qu’il fait.
Certes, il y consacre du temps et beaucoup de son énergie, et il sait que ce travail peut le piquer.
Alors il s’emmitoufle dans une doudoune, se gante, se casque. Il est équipé jusqu’aux dents, outillé par sa propre organisation.

C’est la première école: protéger les personnes.
Apprendre à gérer son stress, former des secouristes en santé mentale, donner à chacun de quoi tenir. Une approche réelle, qui aide et que personne de sérieux ne conteste.

Mais prise seule, elle finit par culpabiliser.
Si notre gars se pique quand même, c’est double peine pour lui: comment ça, il se blesse ? Il a pourtant eu toutes les formations, toutes les protections, c’est donc lui le problème, non?

Et pendant ce temps, le cactus n’a pas bougé d’une épine.

Car au travail, ces épines portent des noms précis: une charge qui ne redescend pas, des exigences émotionnelles qu’on ne peut jamais déposer, une autonomie réduite, des rapports sociaux dégradés, une reconnaissance absente, un sens du travail empêché ou encore un avenir incertain.

Six familles de facteurs de risque.
Six grosses épines, identifiées et documentées.

C’est là qu’intervient la seconde école, celle qu’on oublie dès lors qu’on parle de RPS.
Face à un risque physique, la règle est claire: on agit d’abord à la source, on privilégie le collectif et l’équipement individuel n’arrive qu’en dernier.
En gros, on ne distribue pas de bouchons d’oreille en laissant la machine hurler.

Pour les risques psychosociaux, l’ordre s’inverse.

On commence par l’individu, on l’équipe avant d’avoir interrogé l’organisation, sans se demander quelles épines entravent la collaboration, la créativité et la performance.
Le capitonnage devient un premier recours, quand il devrait clore la chaîne.

Pour une direction qui mesure les enjeux de promotion de la santé mentale au travail, le défi n’est pas de choisir entre les deux écoles.
C’est de les combiner et de les remettre dans le bon ordre.