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Que faut il encore de plus pour améliorer la santé mentale au travail?
Les européens sont épuisés.
C’est le titre de l’article d’Euronews, qui s’appuie sur une enquête menée dans 13 pays européens.
Le constat est sévère : 75 % des salariés se sentent stressés, démotivés, voire épuisés.
https://lnkd.in/e6JVHjgu
La France ne fait pas exception. Nous le savons tous.
Mais, alors qu’on n’a jamais autant parlé de la santé mentale au travail, pourquoi les gens se sentent ils toujours aussi mal?
Paradoxe ou déni?
Ce que révèle cet article, ce n’est pas seulement une vague de fatigue.
C’est un décalage structurel grandissant entre les besoins réels des salariés et les réponses apportées par les entreprises.
En clair, on traite les symptômes et on évite de regarder les causes.
En France, par exemple, les investissements sont encore faibles, mal orientés, souvent pilotés par des obligations réglementaires, rarement par une conviction stratégique.
Ce que j’observe sur les réponses apportées sur le sujet, ce sont des actions ponctuelles : ateliers, semaine QVT, plateformes d’écoute… Et une confusion tenace entre prévention & animation RH.
L’approche est souvent culpabilisante, arcboutée sur une responsabilité individuelle mais peu connectée aux réalités du travail.
Résultat : le mal-être persiste, voire s’aggrave et crie: sens, clarté, reconnaissance et cadre soutenable.
C’est précisément ce qu’analyse l’étude scientifique australienne publiée dans European Psychiatry (Glozier, Morris, Deady, Harvey, 2025) : pourquoi les troubles de santé mentale au travail explosent ils malgré des investissements massifs en prévention ?
Sur un échantillon de plus de 19 000 salariés et un suivi sur 20 ans,
l’étude montre :
-une augmentation continue des exigences perçues dans le travail
-une diminution de l’autonomie décisionnelle
-une augmentation du contrôle sur les horaires, mais pas sur la manière de travailler.
Finalement je pense que le travail n’est pas plus exigeant en soi. Il est juste devenu incohérent, flou, morcelé.
Les salariés ne sont pas moins résilients. Ils sont juste plus lucides et refusent un management qui ne répond pas à leurs attentes.
Oui, on parle de santé mentale au travail. Tant mieux.
Mais que change-t-on réellement dans l’organisation du travail ?
Quel levier pouvons nous actionner pour nous transformer et nous démarquer positivement?
Déployer des solutions bien-être à visée cosmétique est il toujours pertinent?
Le baby-foot et les cours de yoga ont eu leurs heures de gloire.
Leurs impacts, tout sympathiques soient-ils, ne sont-ils pas aujourd’hui marginaux, périphériques & symboliques?
On ne plus faire semblant et rester en surface.
L’enjeu est structurel, systémique et culturel.
L’enjeu se trouve aux racines.
Au travail lui-même.