Le terme lui-même pose question.
Le mot « risque » de l’acronyme RPS n’est sans doute pas le plus adapté: il inquiète, il fige et il enferme souvent le débat dans une logique défensive.
Bien que les risques psychosociaux soient largement documentés dans le champ de la santé mentale au travail, nous continuons majoritairement à les aborder par le prisme de leurs effets de toutes sortes. C’est encore difficilement admis de se pencher sur leurs causes racines, ancrées dans l’organisation du travail.
Peut-être est-il temps alors de changer de chemin.
De cesser de décrire le travail uniquement à partir de ce qui dysfonctionne, pour nous concentrer sur ce qui protège réellement.
Plutôt que de multiplier les dispositifs de résilience individuelle ou les soutiens ponctuels, je propose une approche proactive, fondée sur des compétences collectives et organisationnelles.
Car au-delà du facteur de stress lui-même, c’est surtout la manière dont on l’aborde qui fait la différence. Cette posture s’appuie sur une compétence qui peut se développer, en cultivant ce que Yves Clot, professeur émérite de psychologie du travail au CNAM, nomme les ressources psychosociales.
Ces ressources correspondent aux conditions permettant un travail bien fait:
un travail source d’engagement, de sens et surtout pour notre sujet, facteur de santé.
Chaque lundi, je proposerai donc une série dédiée à ces ressources concrètes, organisationnelles et observables qui permettent, lorsque le contexte le rend possible, de bien faire son travail, de discuter du travail réel,
de réguler les émotions, de disposer de marges de manœuvre et de se projeter professionnellement.
Dans mes prochains posts, je relirai les facteurs de risques psychosociaux non pas pour en établir une liste, mais pour mettre en lumière les ressources à développer afin d’aborder le travail de manière plus constructive et durable.